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« This touches you in a way you have probably forgotten long ago. Childlike innocence mixed with musical sophistication. A Masterpiece.«                      emusic reviews, 2012


Mon rêve irréaliste réalisé

Lorsque j’ai commencé la musique dans le métro de Montréal en 2003, j’avais une vision mentale qui ne me lâchait pas:  dès que j’allais ouvrir la bouche pour chanter, tous les passants allaient se boucher les oreilles et accélérer leur pas.

J’avais tellement peur de chanter que j’ai joué du piano pendant 2 heures avant d’émettre le moindre son avec ma bouche.

Je connaissais 3 chansons: Besame Mucho, Nature Boy et My baby just cares for me que j’assassinais allégrement.

Finalement, le montréalais étant de nature très compréhensive et encourageante, point de mépris, point de tomates, mais des milliers de sourires, de petits mots d’encouragement et quelques dollars pour m’acheter un ampli…

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Après 4 mois de métro, lorsque j’ai quitté Montréal, je me suis dit que je rêverais d’y revenir en étant engagée dans un festival. Cette idée me faisait vraiment sourire car j’étais vraiment loin d’aligner 2 refrains corrects dans une même chanson…

Il a fallut quand même attendre 10 ans, tourner en Europe, jouer dans 7 groupes différents, assassiner encore des centaines d’autres chansons, me mettre à écrire les miennes, bosser, bosser, car aucune musicalité naturelle ne m’a été offerte au berceau…

mais voilà que par un joli concours de circonstances, (et 5 mois de démarchage à temps plein) je me retrouve à jouer au One man Band Festival de Montréal, le 24 mai 2013.

Je vais en profiter pour retourner jouer à Berri Uqam, personne ne se doutera que je boucle une des plus importantes boucles de ma vie. Je reviens avec plus de confiance, plus de métier…

Et peut-être c’est là qu’ils vont de boucher les oreilles! C’est sûr!

Je vous raconterai…

En tout cas, vraiment, çà marche de rêver, même des rêves de dingos.

Voici un gars qui jouait les 4 saisons de Vivaldi à la perfection en soufflant dans 3 flûtes simultanément…

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Kidnapping en Equateur

On avait raison de me mettre en garde. C’est vrai que tu te fais kidnapper en Equateur. Direct. Des que tu pose tes pieds a Quito. Par la poesie des lieux. Par la bonne energie des gens.
Je comprends maintenant pourquoi j’avais cette vague attirance pour l’amerique du sud. Je comprends aussi a quel point mes naïfs réflexes de « c’est un signe! » sont loin de l’être.
 
La graine d’authentique pousse partout ici. Pas de chichis, pas d’agressivite entre les gens. la seule que j’ai pu constater etait celle de quelques indigenes envers eux memes, a grand renfort d’alcool non identifie.
Peut etre que je suis bien tombee. J’en sais rien, no importa. Les cantautores viennent d’un peu partout: Argentine, Cuba, France…… Co-plateaux de 5 concerts differents. Dans les loges c’est la fete et le public t’accueille avec le sourire sincere du gars qui est la pour passer du bon temps. J’ai jamais vu des musiciens autant denues d’ego.
Ca ne traverse meme pas l’esprit comparer. Apres le concert, rendez-vous dans un bar multicolor avec les grillades a la plancha et un mega vin du Chili. C’est le grand bordel, ca parle fort, et tout d’un coup (en fait je vous detaille la soiree d’hier) un gars, qu’avec mon jugement a 2 balles d’ignorante, j’avais un peu snobe (il avait le visage biscornu et un sourire un peu couillon), a pris une guitare et s’est mis a chanter.
Silence immediat dans le bar, total respect, tout le monde a bu ses trois chansons nostalgiquement joyeuses. De la pure belle musique qui te va droit dans l’estomac. J’ai mieux regarde son sourire. Il etait loin d’etre couillon. Il ressemblait juste a celui d’un grand enfant. J’avais pas vu. j’oublie souvent de bien regarder. Apres un des musiciens m’a explique qu’il etait considere comme un genie ici et un des plus grand auteur compositeur de la region. J’ai failli verser ma petite larme en regardant les visages. moment suspendu de belle connexion humaine. Qu’est-ce que j’aime ca.

Musicalement et textuellement, je me sens personnellement manquer de profondeur ici. mais gracias a dios, c’est rattrape par l’originalite. le looper n’a pas encore fait mouche ici et j’ai la chance d’etre une des 1eres a leur faire decouvrir. C’est marrant comme ils s’etait interesse a ce que je faisais avant que j’arrive. des que je les ai rencontres, ils m’ont parle du zybroceros et qu’ils voulaient en adopter un. et puis ils disaient qu’ils m’avaient invitee a jouer chez eux car ils avaient aime l’approche ludique avec les bruitages d’animaux et les percus. Je savais bien que ma vieille boite de conserve et mon interpretation exceptionnele de la grenouille seraient appreciees a leur juste valeur quelque part…
 
Ils te parlent de Brassens, Boris Vian, Brel, connaissent mieux leurs textes que nous. Il y a tous les ages. Hier je parlais a 3 gars d’une cinquantaine d’annees, trois vieux utopistes qui continuent a chanter meme s’ils savent qu’ils ne seront surement jamais reconnus car trop subversifs pour le pouvoir en place. Ils te citent Leo Ferre, te chantent le deserteur, et croient qu’en France, en bons revolutionnaires, on ne se laisse pas faire. Ils m’ont dit qu’ils comptaient sur moi, en d’autre termes, sur la nouvelle generation, pour garder les gens reveilles.
 
Je ne sais pas s’ils peuvent compter sur moi, en tout cas pour le moment, je me sens extremement reveillee.
 
J’aime de plus en plus ce monde, la musique, et vous mes amigos de mi corazon.
 
(Momento cucu las pralinas)
 
Ca doit etre l’altitude…
 
ps: Non Mama je suis pas droguee, Oui, meme si je m’emballe, je fais hyper attention.